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 كلما يتعلق بالرواية Antigone تجدوه هنا للأولى بـــــــــــاك ع ت

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مُساهمةموضوع: كلما يتعلق بالرواية Antigone تجدوه هنا للأولى بـــــــــــاك ع ت   الإثنين 15 فبراير - 20:50:19








ETUDE DE TEXTE



LA PREMIERE DE COUVERTURE


Elle est dominée par la couleur rouge qui renvoie au sang et qui annonce d’emblée l’univers tragique de la pièce. Tout en haut figure le nom de l’auteur. Le nom et le prénom, en marron sur fond blanc, sont écrits en lettres majuscules, mais le premier en caractère gras et le second en maigre. Le titre de l’œuvre est écrit en marron sur fond rouge, en majuscules et en gras pour attirer l’attention du lecteur. L’illustration présente deux ombres de forme humaine qui réfèrent aux deux principaux personnages : Créon et Antigone. Créon est crayonné de manière à mettre en évidence sa supériorité (silhouette imposante, geste exprimant l’ordre, etc.) Antigone, quant à elle, offre l’idée d’une fille maigre et petite de taille par rapport à son interlocuteur. Le dessin suggère, par anticipation, l’inégalité du combat qui va opposer les deux protagonistes et qui tournera logique-ment en faveur du plus fort. Tout en bas figure le nom de la maison d’édition, La Table Ronde. Il est écrit en caractères maigres en marron sur fond blanc.

REPARTITION DES SCENES


De manière globale, la pièce est conçue de manière classique. Cependant, elle n’est pas divisée en actes comme dans les anciennes tragédies. La délimitation des scènes se base essentiellement sur l’entrée et la sortie des personnages selon le tableau suivant :



Scènes

Personnages

Pages



Scène 1

Scène 2

Scène 3

Scène 4

Scène 5

Scène 6

Scène 7

Scène 8

Scène 9

Scène 10

Scène 11

Scène 12

Scène 13

Scène 14

Scène 15

Scène 16

Scène 17

Scène 18



Le Prologue

Antigone, la nourrice

Antigone, Ismène.

Antigone, la nourrice.

Antigone, Hémon.

Antigone, Ismène.

Créon, le garde.

Le Chœur

Le Garde, Antigone

Antigone, Créon , les gardes

Créon, Antigone

Antigone, Ismène

Le Chœur, Créon

Hémon, Créon, le Chœur

Antigone, le garde

Le Chœur, le messager

Le Chœur, Créon, le page

Le Chœur, les gardes



PP 9-13

PP13-21

PP 22-31

PP 31-36

PP 37- 44

PP 45-46

PP46- 53

PP 53-55

PP 55- 60

PP 60-64

PP 64- 97

PP 97-99

PP 99-100

PP-100-106

PP 106-118

PP 118-119

PP119-122

PP 122-123




SCENE I (PP 9-13)

LE PROLOGUE


RESUME


Le prologue présente les personnages qui vont jouer la pièce et les décrit brièvement. Antigone, en sa qualité d’héroïne, passe en premier. Viennent ensuite Ismène, Hémon, Créon, le petit page, la reine Eurydice et la nourrice.
Au terme de son discours, le Prologue procède à un bref rappel de certains événements indispensables à la compréhension de l’histoire. Il insiste sur des faits saillants tels que la mort des deux frères d’Antigone, les funérailles dignes d’un héros accordées à Etéocle et le cruel châtiment infligé à Polynice condamné à pourrir sous les yeux horrifiés de Thèbes.
L’univers tragique est mis en place. Tout laisse supposer que le dénouement ne sera pas heureux pour l’implacable Antigone qui défend farouchement ses convictions au risque de s’attirer les foudres du roi.

AXES DE LECTURE


I- L’exposition


D’habitude, les faits antérieurs à l’action sont présentés par les personnages dans un dialogue artificiel destiné à informer le public. Anouilh n’ adopte pas ce procédé classique ; il confie la tâche de l’exposition au prologue, un personnage qui figure également dans Antigone de Sophocle. L’ambiance de la tragédie est annoncée dès le début à l’aide de termes ayant trait à la mort :
- Elle pense qu’elle va mourir .
- Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et mourir .
- C’est le messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure.
- Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement punis de mort.
Le prologue souligne l’écart existant entre les protagonistes de la tragédie classique et celle d’Anouilh. A part Antigone présentée comme une jeune fille grave et pensive, les autres personnages se singularisent par leur extrême banalité. Par ailleurs, le texte d’ouverture foisonne d’indices qui traduisent le souci d’innovation qui anime l’auteur et dont nous verrons quelques exemples dans le troisième axe.

II- Antigone


De tous les personnages, Antigone se distingue déjà comme un être à part. Elle n’est pas belle comme la plupart des héroïnes, mais elle jouit d’une grande force de caractère. Le nom qu’elle porte et qui contient les lettres du mot AGONIE la prédestine à une fin tragique explicitement soulignée par le Prologue :
- Mais il n’ y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout.
La jeune fille qui tiendra tête à Créon un peu plus loin est présentée dans une position méditative :
« Elle ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. »
Elle est conscient de la mission difficile qui l’attend, mais elle est prête à l’accomplir à tout prix:
« Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout. »
La petite maigre, noiraude et renfermée s’oppose en tout à sa sœur Ismène qui incarne le modèle de la beauté féminine : la blonde, la belle, l’heureuse Ismène. Son physique n’a donc rien à voir avec le corps de charme traditionnellement prêté aux héroïnes des tragédies.

III- L’originalité d’Anouilh


Anouilh transforme le Prologue, personnage grave souvent incarné par un dieu dans la tragédie antique, en personnage tout à fait ordinaire qui sait lire dans la souffrance des hommes. Il compose sa pièce en prose et non en vers comme c’est le cas de la tragédie classique. D’autres nouveautés se remarquent dans cette première scène telles que le fréquent usage des anachronismes [1], (Gardes qui portent des chapeaux et qui jouent aux cartes, Eurydice qui tricote…), le langage familier et la considération d’Antigone comme un personnage démythifié, c’est-à-dire comme qui n’a rien à voir avec la grandeur tragique des héroïnes antiques.



SCENE II (PP 13-21)

LA NOURRICE ET ANTIGONE

RESUME


Antigone rentre chez elle. Elle est surprise par sa nourrice qui l’accable de questions pour savoir d'où elle vient à une heure aussi matinale. La jeune fille lui confie finalement qu’elle s’est rendue à un rendez-vous galant, un aveu qui irrite visiblement le vieille femme. Mais Antigone plaisante. La raison pour laquelle elle a quitté son domicile est toute autre. Nous devinons déjà de quoi il s’agit.

AXES DE LECTURE


I-Une abondance de familiarités

Anouilh se démarque de Sophocle par l’usage d’un langage familier utilisé d’habitude dans les comédies. Ce choix permet d’insérer des moments de détente dans une pièce dominée par un cortège de suicides :
- Et ça vous répond qu’on la laisse, ça voudrait qu’on ne dise rien.
- Ah, c’est du joli ! c’est du propre !
- Allons ma vieille pomme rouge.
-Tu en auras encore besoin nounou.

II- Rêveries et réalisme


La scène qui réunit Antigone et sa nourrice révèle quelques traits de caractère des deux personnages. La première, encore sous l’effet de la beauté de la nature du petit matin s’abandonne à de lointaines rêveries. Son langage, presque poétique, contient de nombreuses images qui trahissent son extrême sensibilité :
- C’est vrai, c’était encore la nuit.(…)C’est merveilleux nourrice. J’ai cru au jour aujourd’hui.
- Dans les champs, cela était mouillé et cela attendait.(…) Alors j’ai enlevé mes sandales et je me suis glissée dans la campagne sans qu’elle s’en aperçoive .
La nourrice, quant à elle, reste profondément attachée au réel. En guise de réponse aux évocations poétiques d’Antigone, elle répond : Il va falloir te laver les pieds avant de te mettre au lit.

DOCUMENT


THEBES







Thèbes (Grèce), cité de la Grèce antique, en Béotie, au nord du mont Cithéron (aujourd'hui Kithairon), au nord-ouest d'Athènes. Sa citadelle s'appelait Cadmée, du nom de Cadmos, héros mythique et chef légendaire des Phéniciens qui fondèrent Thèbes. C'est l'une des cités grecques les plus célébrées dans les mythes et les légendes. Ces histoires comprennent celle des jumeaux Amphion et Zéthos, qui gouvernèrent Thèbes et bâtirent ses murailles, du roi Œdipe et de la rivalité de ses deux fils, Étéocle et Polynice, qui culmina dans l'expédition des Sept contre Thèbes ainsi que celle de la prise et de la destruction de la ville par les Épigones. Citons également le retour de Dionysos, l'introduction de son culte à Thèbes (les Bacchantes d’Euripide) et la naissance et les exploits d'Héraclès.

Du point de vue historique, Thèbes fut la cité la plus importante de Béotie et, à partir de 519 av. J.-C., elle devint une grande rivale d'Athènes. En 479 av. J.-C., lors de l'invasion perse de la Grèce par Xerxès Ier, les Thébains appuyaient les envahisseurs et se battirent contre la confédération des cités grecques à Platées. Lorsque la guerre du Péloponnèse éclata en 431 av. J.-C., Thèbes s'allia à Sparte et souhaitait la destruction d'Athènes à la fin de la guerre. Elle commença toutefois à craindre de plus en plus son puissant allié et, durant la guerre de Corinthe (395 av. J.-C.-386 av. J.-C.), elle s'allia à Athènes, Corinthe et Argos contre Sparte. Un profond antagonisme se fit jour entre Thèbes et Sparte, et la lutte qui s'ensuivit permit à Thèbes d'exercer brièvement la suprématie sur la Grèce grâce à la victoire d'Épaminondas à Leuctres en 371 av. J.-C., mais cela cessa avec sa mort à Mantinée en 362 av. J.-C. L'éloquence de Démosthène convainquit les Thébains de s'unir aux Athéniens contre l'usurpateur Philippe II, roi de Macédoine, mais l'union de leurs forces ne servit à rien et, en 338 av. J.-C., lors de la bataille de Chéronée, la puissance de la Grèce fut écrasée. Après la mort de Philippe, les Thébains tentèrent, sans succès, de recouvrer leur liberté. Leur cité fut détruite en 335 av. J.-C. par le fils et successeur de Philippe, Alexandre le Grand, qui vendit les survivants comme esclaves. On raconte qu'Alexandre n'épargna que les temples et la maison de Pindare. Bien que reconstruite en 315 av. J.-C. par le roi Cassandre de Macédoine et malgré une époque prospère, elle se réduisait à un malheureux village dès le Ier siècle av. J.-C. Le site de l'acropole est occupé par la ville moderne de Thèbai.

Encyclopédie Encarta 2005


SCENE III ( PP22-31)

ANTIGONE, ISMENE

RESUME


Antigone et Ismène abordent une conversation qui porte sur un sujet très sérieux. Les deux sœurs s’opposent pratiquement en tout, mais cette différence n’influe guère sur l’affection qu’elles nourrissent l’une pour l’autre. Antigone révèle son intention d’enterrer le corps de Polynice malgré le décret royal. Ismène tente de la dissuader mais sans résultat.

AXES DE LECTURE


I- La blonde et la noiraude


Ismène jouit d’une grande beauté. Antigone, quant à elle, est affligée d’un physique ingrat qui ne lui attire pas l’admiration des hommes. Ce constat se remarque également dans le portrait moral des deus personnages.

I-1- Ismène


Ismène essaie de convaincre sa sœur de revenir sur sa décision. Elle évoque son droit d’aînesse et rappelle sans cesse qu’elle la plus sage :
« Je réfléchis (…) J’ai raison plus souvent que toi. » Mais ces arguments ne donnent rien. Alors, elle exprime la peur qui s’empare d’elle pour attendrir Antigone qui reste sourde à ses supplications : Moi, tu sais, je ne suis pas très courageuse (…) Ils nous hueront…ils nous cracheront au visage.(…) Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple.(…) Il est plus fort que nous Antigone.

I-2- Antigone



Antigone , par Frédéric Leighton (1882)




Antigone a une seule idée en tête et elle compte la mettre en pratique coûte que coûte. Elle rejette en bloc les justifi-cations de sa sœur et se montre fermement résolue à aller jusqu’au bout du défi qu’elle a lancé à Créon : Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.(…) Toujours comprendre. Moi, je ne veux rien comprendre.(…) Lui, il doit nous faire mourir, et nous , nous devons aller enterrer notre frère.


II- Une lutte contre les adultes

Pour toute réponse aux arguments d’Ismène, Antigone évoque ce qu’elle a enduré dans son enfance à cause des adultes. Ces souvenirs douloureux la conforte dans l’ affrontement du roi, l’autorité suprême de Thèbes : Quand j’étais petite, j’étais très malheureuse.(…)Il fallait comprendre qu’on ne peut toucher l’eau. Il fallait comprendre qu’on ne doit pas tout manger à la fois…



SCENE IV (PP 31-36)

ANTIGONE, LA NOURRICE


RESUME


Antigone qui a explosé de colère face à Ismène se montre très calme en présence de sa nourrice. Elle se confie corps et âme à la vieille femme pour être réconfortée. Au fil des répliques, la jeune fille dévoile partiellement son projet, mais la nourrice ne saisit pas le sens caché de ses propos. Le mystère l’inquiète énormément. Comme d’habitude, elle réagit dans un langage familier et prouve encore une fois qu’elle est complètement dépassée par les événements.

AXES DE LECTURE


I- Souffrance et réconfort


Antigone évoque son passé dominé par la peur, l’obscurité et les interdits. Mais la nourrice qui s’est chargée de son éducation après la mort de Jocaste veillait constamment sur elle et la protégeait contre tous les dangers. L’épanchement [2] de la jeune fille trahit son extrême sensibilité et son besoin d’affection. D’ailleurs, le fait de s’attacher encore à la nourrice est la preuve qu’elle se considère encore comme une enfant : Nounou plus forte que le cauchemar, plus forte que l’ombre (…) plus forte que les mille insectes (…) plus forte que la nuit elle-même (…)- Nounou plus forte que la mort.

II- Les signes avant-coureurs de la tragédie


Antigone change subitement d’attitude. Elle devient sombre et pensive. Nous comprenons, à la lumière des informations fournies précédemment, qu’elle se prépare à exécuter sa menace d’enterrer son frère. Elle est consciente que son acte lui attirera de graves conséquences ainsi qu’ à ceux qui l’entourent. La nourrice, un personnage plus proche de la comédie que de la tragédie, ne comprend rien aux allusions de sa protégée qui sonnent comme les propos d’un triste adieu. Tout laisse donc présager que le mécanisme tragique ne tardera pas à se déclencher.



SCENE V (PP 37-44)

ANTIGONE, HEMON


RESUME


Antigone et Hémon se réconcilient après une dispute amoureuse. La jeune fille profite de ce retour à la normale pour demander à son fiancé s’il l’aime vraiment, et s’il ne regrette pas de l’avoir choisie au lieu d’Ismène. Après lui avoir avoué qu’elle est prête à se donner à lui sans la moindre hésitation, elle lui fait jurer de ne poser aucune question sur la décision qu’elle a prise et qui consiste à se séparer de lui. La dimension tragique réside tout entière dans le sens du verbe « se séparer » différemment compris par les deux personnages.

AXES DE LECTURE


I- Une extrême sensibilité


En présence de son fiancé, Antigone fait montre d’une grande douceur. Elle se détache de l’enfance où elle s’est toujours réfugiée et se comporte désormais en femme mûre et responsable qui déborde de maternité . L’amour réussit là où échouent les hommes :
- Elle se sert contre lui un peu plus fort.(…)Et serre-moi plus fort que tu ne m’as jamais serrée. Que toute ta force s’imprime dans moi.(…) Oh, je l’aurais serré si fort qu’il n’aurait jamais eu peur.(..) Notre petit garçon, Hémon ! Il aurait eu une maman toute petite.(…) Et tu crois aussi, n’est-ce pas, que toi tu aurais eu une vraie femme ?(…) Oh ! Tu m’aimais , Hémon, tu m’aimais, tu en es bien sûr ce soir là ?(..) Tu es bien sûr qu’à ce bal où tu es venu tu ne t’es pas trompé de jeune fille ?(…) Tu m’aimes n’est-ce pas ?

II- Le déclenchement du mécanisme tragique


Antigone se montre plus résolue que jamais à accomplir sa mission. La manière dont elle parle à son fiancé est la preuve que l’exécution de son plan est proche. En blessant la sensibilité d’Hémon, elle assène un premier coup douloureux à Créon, son père.
- Voilà, maintenant, je vais te dire encore deux choses. Et quand je les aurais dites, il faudra que tu sortes sans me questionner . Même si elles te paraissent extraordinaires, même si elle te font de la peine. Jure-le moi.(…) C’est la dernière folie que tu auras à me passer.(…) Je vais te faire de la peine , ô mon chéri pardon ! Sors, sors tout de suite sans rien dire .(…) Pas maintenant, pars vite. Tu le sauras demain.



SCENE VI (PP 45- 46)

ANTIGONE, ISMENE

RESUME




Ismène tente de raisonner sa sœur pour qu’elle renonce à sa folie, mais Antigone se montre inflexible. Avant de quitter son aînée, elle lui apprend qu’elle a déjà accompli son acte. Elle a enfreint le décret de Créon en enterrant Polynice. Il n’ y a plus rien à faire.











AXES DE LECTURE


I- Mission accomplie

Antigone a fait allusion, de manière impli-cite, à son acte dans sa conversation avec la nourrice et avec Hémon. Dans son dialogue avec Ismène, elle le révèle pour la première fois. C’est le signe que la machine infernale a bel et bien été mise en marche :
- Antigone s’est levée, un étrange sourire sur les lèvres, elle va vers la porte et du seuil, douce-ment, elle dit : C’est trop tard. Ce matin, quand tu m’as rencontrée, j’en venais.





Antigone et le corps de Polynice


II- Les arguments affectifs

Ismène essaie d’abord de convaincre sa sœur en visant sa raison. Mais Antigone n’est pas le genre de fille à réfléchir aux conséquences d’une décision prise avec conviction. Alors l’aînée s’adresse à sa cadette en développant une argumentation basée sur les sentiments : Nous sommes tous là autour de toi, Hémon, nounou, et moi et Douce, ta chienne…Nous t’aimons et nous sommes vivants, nous, nous avons besoin de toi. Cette approche, elle non plus, ne donne aucun résultat.



SCENE VII (PP 46-53)

CREON, LE GARDE

RESUME


Jonas, le garde, informe Créon que le cadavre de Polynice a été couvert de terre. Hors de lui, le roi donne des ordres pour qu’on retrouve immédiatement celui qui a osé enfreindre sa loi. Mais le maître de Thèbes retrouve peu à peu son calme. Il enjoint au garde de ne pas divulguer le secret et le menace de mort en cas de désobéissance.




AXES DE LECTURE


I- Le bouffon [3] de la tragédie

Le garde s’avère dès sa première apparition un personnage plus proche de la comédie que de la tragédie. Son langage familier, parfois vulgaire, son attitude risible [4] et la peur panique qui le prend devant le roi le transforme en bouffon. Sa lâcheté contraste vivement avec son métier de soldat qui le destine au maniement des armes et à l’affrontement de l’ennemi :
- On n’a pas parlé chef, je vous le jure.(…) Si on parle, ce sera les autres, ça ne sera pas moi.(…) Chef, j’ai deux enfants.
Le comique de répétition provoqué par les occurrences du mot « chef » achève le portrait caricatural du personnage.

II- Un roi autoritaire

Créon se sent personnellement visé par le défi qui lui a été lancé. Ses réactions exprimées sur un ton coléreux trahissent son caractère de chef autoritaire soucieux de préserver son pouvoir contre toutes sortes menaces : Qui a osé ? Qui a été assez fou pour braver ma loi ? (…) Ecoute bien. Votre garde est doub-lée.(…)Renvoyez la relève. Voilà l’ordre.(…) Et pas un mot. Vous êtes coupable de négligence, vous serez punis de toute façon.(…) A qui avez-vous déjà parlé de cette affaire ?



SCENE VIII (PP 53-55)

LE CHŒUR

RESUME


Le Chœur explique au public les différences qui existent entre la tragédie et la comédie, deux genres dramatiques diamétralement opposées. Dans son intervention, il procède à une sorte d’autopsie morale de l’héroïne qui « va pouvoir être elle-même pour la première fois. »











Antigone, réalisée par Catherine Flutsch








AXES DE LECTURE


I- Tragédie et drame


La tragédie est une véritable bombe qui peut se déclencher à tout moment. Il suffit d’un rien pour que le mécanisme de mise à feu s’active :
- On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans l’air, une envie d’honneur, un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop qu’on se pose un soir…c’est tout.
Le drame, quant à lui, met en scène des person-nages divisés en deux catégories opposées : les Bons et les Méchants. Sa fin est heureuse, chose qui arrange fort
bien le public. Il présente un monde peint en couleurs optimistes où l’on continue à s’accrocher à l’espoir : Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuves….(…) On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes.(…) Dans le drame, on se débat parce qu’on espère s’en sortir.


SCENE IX (PP 55-60)

LE GARDE, ANTIGONE

RESUME


Antigone est surprise en train de couvrir de terre le corps de Polynice. Elle informe les gardes qu’elle est la fille d’Œdipe, mais les rustres ne la croient pas. Ils se moquent d’elle et la traitent avec rudesse comme une vulgaire vagabonde.



AXES DE LECTURE


I- Des personnages de drame


Les gardes n’ont pas leur place dans la tragédie définie précédemment comme un art noble et propre parce qu’ils sont sales et égoïstes. Leur langage vulgaire souligne la bassesse de leur condition caractérisée par la lâcheté et la cupidité :
- Moi, je ne connais que la consigne.(..) - La fille d’Œdipe, oui ! Les putains qu’on ramasse à la garde de nuit ,elles disent aussi de se méfier.(…) Et c’est qu’elle se débattait la garce.
Les autres défauts des gardes ( mauvais pères, ivrognes et hommes lubriques [5]…) illustre bien la définition du drame donnée par le cœur : c’est un genre « ignoble ».

II- L’importance de la scène

Le récit du garde permet aux spectateurs de découvrir certaines informations nécessaires à la compréhension de l’intrigue : retour d’Antigone auprès du cadavre de son frère, son arrestation par les gardes, sa résistance, etc.
- Elle était là à gratter comme une petit hyène.(…) Elle se débattait la garce quand j’ai voulu la prendre.
- C’est qu’elle voulait me sauter aux yeux.(…) Elle criait qu’il fallait qu’elle finisse.



SCENE X (PP 60-64)

ANTIGONE, CREON, LES GARDES

RESUME

Antigone est emmenée devant Créon. Ce dernier pense d’abord qu’il s’agit d’une erreur et menace les gardes des pires châtiments. Mais la jeune fille reconnaît son « crime » sans la moindre hésitation. Le roi essaie de la protéger ; il enferme les gardes et ordonne au page de les surveiller de près.

AXE DEC LECTURE


I- L’interrogatoire


Antigone et Créon se trouvent face à face. La présence des gardes oblige le maître de Thèbes à agir en roi et non en parent de l’accusée. Il se comporte d’abord comme un homme de loi qui cherche à confirmer les faits. Il commence donc par interroger les gardes :
- Sais-tu bien ce que tu es en train de dire, toi ? C’est vrai ?
Ensuite, il s’entretient avec Antigone. Les réponses de cette dernière dissipent définitivement ses doutes :
- Oui, c’est vrai ; Oui, c’était moi.
Créon se trouve dans une situation très difficile. Doit-il agir en roi ou en oncle envers Antigone ? Finalement, il opte pour la deuxième alternative :
- Conduis ces hommes à côte petit. Et qu’il restent au secret jusqu’à ce que je revienne les voir.



SCENE XI ( PP 64-97)

CREON, ANTIGONE

RESUME


Créon fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Antigone, mais cette dernière continue à reconnaître sa culpabilité avec entêtement. Pour montrer à sa nièce que son acte est absurde, le roi lui révèle certains secrets de famille particulièrement choquants qui trahissent l’horreur du monde politique. Profondément touchée par ces déclarations, Antigone s’apprête à se retirer quand Créon prononce le mot « bonheur ». En l’entendant, elle se révolte contre la vie médiocre que lui promet son oncle qui tente vainement de la réduire au silence.

AXES DE LECTURE


I- La fille d’Œdipe


Antigone n’aime pas les compromis. Elle veut assumer pleinement les conséquences de son acte. Elle n’implore pas une seule fois la pitié ou la clémence du redoutable roi :
- Je le devais ; Je le devais tout de même ; Oui, je le savais.
Cette attitude obstinée rappelle à Créon le tempérament inflexible d’Œdipe qui a tenu à assumer son destin tragique jusqu’au bout :
- Tu as peut-être cru que d’être la fille d’Œdipe, la fille de l’orgueil d’Œdipe , c’est assez pour être au-dessus de la loi.
- Orgueilleuse ! Petite Œdipe ! L’orgueil d’Œdipe ! Tu es l’orgueil d’Œdipe.

II- La volonté de s’affirmer

Antigone avoue à Créon qu’elle a défié sa loi uniquement pour se prouver qu’elle est libre, libre de faire ce qu’elle veut même si cette liberté peut lui attirer les pires ennuis :
- Pour personne, pour moi ; Faites comme moi, faites ce que vous avez à faire.
- Moi, je n’ai pas dit « oui ». Moi je peux dire « non » encore à tout ce que je n’aime pas et je suis seul juge ; Je suis là pour vous dire non et pour mourir.

III- La politique


Le monde politique incarné par Créon est décrit comme étant sale, impitoyable et répugnant. Les décisions prises par ceux qui gouvernent ne jouent que sur les apparences. Elles cachent la vérité au peuple pour réaliser d’horribles desseins.
- Mais pour que les brutes que je gouverne comprennent, il faut que cela pue le cadavre de Polynice.
- On tire dans le tas sur le premier qui s’avance. Dans le tas ! Cela n’a pas de nom.
- J’ai envie de faire un héros de l’un d’eux (…) J’ai fait ramasser un des corps, le moins abîmé des deux, pour mes funérailles nationales.
Ces tristes aveux ravivent la colère d’Antigone qui affronte Créon, les yeux plissés de dégoût . Pour elle, la politique n’est rien d’autre qu’une cuisine sordide où l’on prépare les complots les plus odieux :
- Non, je ne me tairai pas.(…) Tu veux me faire taire cuisinier ? (…) Pourquoi veux-tu me faire taire ? Vous me dégoûtez avec votre bonheur.(…) Vous avez des têtes de cuisiniers . (…)Tu m’ordonnes cuisinier ? Tu crois que tu peux m’ordonner quelque chose ? Allons, vite cuisinier , appelle tes gardes.



SCENE XII (PP 97-99)

ISMENE, ANTIGONE


RESUME




Ismène change d’opinion. Elle se confond en excuses et se montre prête à mourir avec Antigone. Mais cette dernière rejette son sacrifice pour ne pas l’impliquer dans une affaire qui la dépasse. Cependant, l’héroïne se sent plus forte dans son combat contre Créon. Elle vient de gagner le soutien d’une première alliée.

AXES DE LECTURE





I- Une intervention timide


Ismène, une jeune fille connue pour être peu courageuse, change subitement d’attitude. Pourquoi ? sans doute parce qu’elle craint la solitude à laquelle elle sera condamnée après la mort d’Antigone. Ce n’est donc pas précisément un acte de bravoure, mais une autre manifestation de la peur qui l’a toujours hantée :
- Antigone, pardon ! Antigone, tu vois, je viens , j’ai du courage. J’irai maintenant avec toi. Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle !
- Si vous la faites mourir, il faudra me faire mourir avec elle !
- Je ne veux pas vivre si tu meurs, je ne veux pas rester sans toi.

II- Une attitude intransigeante

Antigone réagit violemment face à sa sœur. Elle refuse de l’associer à son défi parce que les héroïnes tragiques préfèrent mourir seules, sans partager leur gloire avec autrui.
- Ah ! non. Pas maintenant. Pas toi !
- Tu as choisi la vie et moi la mort . Laisse-moi maintenant avec tes jérémiades.
- C’est moi, moi seule. Tu ne te figures pas que tu vas mourir avec moi maintenant .
- Il fallait y aller ce matin, à quatre pattes, dans la nuit . Il fallait aller gratter la terre avec tes ongles pendant qu’ils étaient tout près et te faire empoigner par eux comme une voleuse.

III- Le verdict


Créon n’en peut plus. Il prononce enfin sa sentence parce qu’il a peur qu’Antigone ne rallie d’autres personnes à sa cause. La mort n’intimide guère l’héroïne qui y voit une délivrance susceptible de la soulager du poids écrasant dont elle souffre. Le dénouement tragique est bel et bien fixé. La question que se pose le spectateur à présent est la suivante : Quand la jeune fille sera-t-elle exécutée ?



SCENE XIII (PP 99-100)

LE CHŒUR, CREON

RESUME




Le Chœur tente de faire revenir Créon sur sa décision et l’amener à gracier Antigone. Mais le roi campe sur sa position. Sa nièce tient absolument à mourir. Il n’ y peut plus rien pour elle. Désormais, elle est la seule responsable de la triste fin qui l’attend.

AXE DE LECTURE




I- La fin d’une héroïne tragique

Antigone, tragédie oblige, ne peut pas rester en vie. Créon, de son côté ne peut la condamner à vivre. Dans cette situation désespérée, le roi parle de sa nièce à l’imparfait, comme si elle n’existait plus :
- Il fallait qu’elle meure.
- C’est elle qui voulait mourir.
- Antigone était faite pour mourir.
- Ce qui i mportait pour elle, c’était refuser et mourir.
En choisissant librement la mort, Antigone condamne d’autres personnes à la souffrance et à la solitude (sa nourrice, sa sœur et Hémon). Créon, non plus, n’échappe pas à l’onde de choc causée par l’acte fatal de l’héroïne comme nous le verrons plus loin.



SCENE XIV (PP 100-106)

HEMON,CREON, LE CHŒUR

RESUME


Hémon implore désespérément son père de sauver Antigone, en vain. Le Chœur tente de son côté d’attendrir le roi, mais il n’aboutit à aucun résultat. Le sort de l’héroïne est scellé. Il ne reste plus qu’à fixer la date de l’exécution. D’ailleurs, les Thébains se rassemblent déjà et réclament la tête de la condamnée.

AXES DE LECTURE


I- La défaillance de la raison


Tous les actes qui sortent de l’ordinaire sont qualifiés de « folie ». Le fréquent retour de cette idée sous forme de substantif ou d’adjectif souligne le déréglemente des sens des personnages qui conduit inévitablement à la mort :
- Tu es fou père. Lâche-moi ! Elle a préféré sa folie et la mort.
- Est-ce qu’on ne peut pas imaginer quelque chose, dire qu’elle est folle , l’enfermer ?

II- Un allié de taille


En déclarant à Créon « Crois-tu que je pourrais vivre, moi, sans elle ? », Hémon exprime explicitement son attachement à sa fiancé et sa ferme détermination de la suivre dans la tombe. Cette révélation déstabilise Créon. Antigone va lui enlever l’être auquel il tient le plus au monde, son fils et son successeur. Elle le frappe dans sa chair.
L’attitude d’Hémon brise également l’image paternelle qu’il s’est faite de Créon. Il s’agit d’une révolte dans tous les sens du terme : Cette grande force et ce courage, ce dieu géant qui m’enlevait dans ses bras (…) c’était toi ?(…) Quand tu me montrais des livres dans ton bureau, c’était toi, tu crois ?
- Tous ces soins (…) c’était donc pour arriver là ?
Toutes les supplications du fils s’avèrent inutiles. Créon l’a déjà dit. Il est le maître avant la loi et non après. Son impuissance soulignée par la phrase « Je ne peux pas » creuse le désespoir du jeune homme qui n’a plus qu’une seule issue devant lui : la mort.



SCENE XV (PP 106-118)

ANTIGONE, LE GARDE

RESUME




Antigone est étroitement surveillée. Le garde qui la serre de près reste indifférent à ses souffrances. Il ne pense qu’à sa promotion et aux avantages matériels qu’il va en tirer. Au fil du dialogue qu’il engage avec sa prisonnière, il lui révèle qu’elle sera murée vivante. Antigone accueille cette nouvelle avec un calme digne d’une héroïne tragique. Elle arrive à convaincre son garde, moyennant une bague en or, d’écrire une lettre pour elle dans laquelle elle exp
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II- Le garde


Le garde chargé de surveiller Antigone offre une image sordide de l’espèce humaine. Son air froid, sa cupidité et son souci de l’avancement en grade répugnent la captive qui vit ses derniers moments.
- Allez, allez, pas d’histoires ! si ce n’était pas vous, c’était moi qui y passais.(…) Moi, je n’ai jamais été blessé . Et, d’un sens, ça m’a nui pour mon avancement.
Le comportement du garde s’oppose en tout à l’attitude d’Antigone. Pendant que cette dernière chante sur un ton poétique la solitude du tombeau, il se fait une chique.


III- L’effondrement d’Antigone


La perspective de la mort désarme complètement Antigone. Cette dernière qui a toujours refusé
de vivre regrette d’avoir accompli un acte absurde. Pour la première fois, elle reconnaît la sagesse de son
sagesse de son oncle qui a tout fait pour lui venir en aide :
« Et Créon avait raison , c’est terrible, maintenant, à côté de cet homme. Je ne sais plus pourquoi je meurs. J’ai peur (…) Je le comprends seulement maintenant combien c’était simple de vivre. »
Cependant, la jeune fille s’efforce de cacher son effondrement intérieur. Elle tient à paraître grande aux yeux des autres même si cela ne sert plus à rien.



SCENE XVI (PP 118-119)

LE CHŒUR, LE MESSAGER

RESUME




Le Chœur entre en scène ; il est immédiatement suivi du Messager qui fait le récit des événements qui se sont déroulés dans les coulisses. Antigone s’est pendue avec les fils de sa ceinture dans le tombeau où se trouvait également Hémon. Ce dernier, au comble du désespoir, menaça de tuer Créon, puis il lui cracha au visage et se donna la mort à son tour.


AXE DE LECTURE


I- La fonction du récit

L’intervention du Messager est importante dans la mesure où elle apprend au public des événements qui n’ont pas eu lieu sur scène. Respectant la règle des bienséances fixée par les dramaturges classiques, Anouilh épargne au public des images éprouvantes susceptibles de le choquer. Les faits dominés de bout en bout par la mort et le sang sont présentés dans le cadre d’un récit détaillé et non sous forme de spectacle. Grâce à un discours qui gagne en vivacité et en dynamisme au fur et à mesure que progresse la narration du Messager, l’auteur parvient à visualiser l’horreur tout en ménageant la sensibilité des spectateurs.







II- Créon et la tragédie

Créon occupe une place centrale dans le récit du Messager d’abord en sa qualité de roi, puis en sa qualité de père et d’oncle. Il assiste directement à l’accomplissement de la tragédie.
Le suicide d’Antigone et d’Hémon reflète sa propre chute. Etant le numéro 1 de Thèbes, il attire for-cément l’attention de la foule qui assiste à l’effon-drement de son maître :
- Tous regardent Créon, et lui qui a deviné le premier lui qui sait déjà avant tous les autres ...





Théâtre antique
- (Il) hurle soudain comme un fou (…) Le roi suant dont les mains saignent…

SCENE XVII (PP 119-122)

LE CHŒUR, CREON, LE PAGE




RESUME


Le roi rentre au palais, complètement effondré. Là, le Chœur lui assène une terrible nouvelle. La reine Eurydice s’est donnée la mort après avoir appris le suicide de son fils avec Antigone. La solitude du roi devient plus insoutenable que jamais. Mais la raison d’Etat doit continuer à régner. Son rôle de roi passe avant toute autre considération.

AXES DE LECTURE


I- L’union dans la mort


Dans la tragédie d’Anouilh, l’amour n’a aucune chance de se réaliser dans la vie à cause des nombreux obstacles posés par les adultes. Ce constat s’applique parfaitement bien à Antigone et à Hémon. C’est dans la tombe où ils gisent côte à côte qu’ils trouvent enfin la plénitude tant recherchée :
- Je les ai fait coucher l’un près de l’autre enfin ! (…)Reposés. Ils sont seulement un peu pâles, mais si calmes. (…) Deux amants au lendemain de la première nuit. Ils ont fini, eux.

II- Eurydice


Totalement éclipsée dans la pièce, Eurydice ne participe pas au déclenchement de l’intrigue, mais elle participe au dénouement tragique de la pièce. La vie qu’elle a menée et son suicide interpellent de nombreuses remarques. La reine a toujours vécu comme une esclave qui répète les mêmes gestes. Elle représente exactement ce qu’ Antigone déteste le plus au monde : un bonheur médiocre fait de petites joies passagères et d’une souffrance muette. Sa disparition condamne Créon à une effroyable solitude. Le palais devient exactement comme un tombeau pour le roi : « Tout seul, oui. » se dit-il.



SCENE XVIII (PP 122-123)

LE CHŒUR, LES GARDES




RESUME


Le Chœur se manifeste pour la dernière fois. Il parle de ceux qui sont morts et de ceux qui restent en vie, ainsi que des conséquences de la tragédie sur Thèbes qui s’est enfin apaisé.
Les gardes, indifférents à ce qui se passe autour d’eux, continuent à jouer aux cartes comme si de rien n’était. La tragédie qui a violemment secoué le royaume de Créon ne les concerne en rien : « Ce n’est pas leurs oignons ».

AXES DE LECTURE

I- La vie après la tragédie

Le calme revient à Thèbes qui a été ébranlé par l’acte de l’intransigeante Antigone. Mais la folie de l’héroïne est contagieuse ; elle a entraîné d’autres victimes dans son sillage. Le roi qui n’a qu’un petit page pour compagnon « va commencer à attendre la mort ». Les héros sont morts parce que la tragédie veut que ça se passe ainsi, mais les êtres insignifiants continuent à vivre parce qu’ils n’ont aucun idéal à défendre L’allusion est faite ici aux gardes bien évidemment.

II- Les gardes


Les gardes ne se soucient guère des événements qui se précipitent à une vitesse vertigineuse. Ils sont complètement absorbés par le jeu de cartes. Ces personnages sortis tout droit du drame symbolisent le triomphe de la médiocrité. Ils vivent au jour le jour et ne se posent pas de question sur le vrai sens de l’existence. Pour eux, la pièce se termine exactement comme elle a commencé. Cette remarque accentue leur isolement. Ils restent en vie parce qu’ils ne peuvent pas mourir dignement comme les vrais héros : Eux, tout ça , ça leur égal ; ce n’est pas leurs oignons .





[1] - Attribution à une époque ce qui appartient à une autre. Les chapeaux des gardes et le jeu de cartes sont des anachronismes. Ce sont des phénomènes du XX ème siècle qu’Anouilh a introduits dans une tragédie antique.
[2] - Le fait de communiquer ses sentiments et ses pensées intimes à quelqu’un.
[3] - Personnage comique de théâtre. Personne qui cherche à amuser par ses plaisanteries.
[4] - Qui fait rire, qui prête à rire.
[5] - Qui ne pensent qu’aux plaisirs sexuels.
EXPLICATION DES MOTS UTILISES DANS LA PIECE








A

Apaisé : ramené à la paix, calmée.
Appointer : rendre pointu
Attifé : habillé de manière ridicule.
Attirail : équipement ridicule.
Aubaine : avantage inattendu.



B

Bafouer : traiter avec mépris.
Barbouiller : salir, souiller.
Blottie : accroupie, cachée.
Bredouillage : action de prononcer les mots de manière peu distincte.




C

Cale : partie la plus basse de l’intérieur d’un navire.
Câline : tendre et caressante.
Carnage : tuerie, massacre.
Carnassier : qui se nourrit de chair crue.
Chiffonnier : personne qui ramasse de vieux chiffons.
Chique : tabac à mâcher.
Complice : qui participe à un crime ou à un délit avec d’autres.
Congestionné : qui souffre d’une accumulation du sang dans un organe. Plein, bouché.
Contenance : assurance.
Coquette : élégante.
Corvée : travail ennuyeux que l’on ne peut éviter de faire.
Cotillon : sorte de jupon.
Crasseux : saleté qui s’amasse.




D

Dévaler : descendre à toute vitesse.
Dérisoire : qui contient une moquerie méprisante, ridicule.




E

Edit : ordre du roi.
Ensanglanter : couvrir de sang.
Entournure ( être gêné aux entournures) : se sentir gêné, ne pas se sentir libre, être mal à l’aise.




F

Fanfaronne : qui fait la courageuse, qui exagère son courage.




G

Gélatine : bouillie que l’on obtient en faisant bouillir les os, la peau et les cartilages des animaux.
Goguenard : qui plaisante en se moquant.
Gueuleton (fam) : bon repas.




H

Huer : pousser des cris contre quelqu’un.




I

Ignoble : sans noblesse, bas.


J

Jérémiade : plainte.




L Lambeau: morceau
Larron : voleur.




M

Magnifier : célébrer la grandeur de quelque chose.
Mandaté : chargé d’une mission.
Minutieux : qui est attentif aux détails.




N

Noiraude : qui a les cheveux noirs et le teint foncé.


P

Pantomime : pièce où les acteurs s’expriment par des gestes. Attitude ridicule.
Pathétique : qui touche, qui émeut.
Pondérer : équilibrer les forces, les pouvoirs.
Posément : calmement.




R

Rougeaud : qui a le teint rouge.


S


Sensualité : plaisir des sens.
Sépulture : tombe, tombeau.
Scrupuleusement : avec scrupule ( inquiétude morale qui fait considérer comme une faute grave ce qui n’est qu’une faute légère)
Sève : liquide qui circule dans les végétaux. Energie, force.




T

Terre-neuve : personne toujours disposée à aider les autres.
Trémolos : tremblement qu’on donne à la voix.



V

Vertigineux : qui donne le vertige ( état de la tête qui tourne)
Veule : faible, mou, lâche.
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